ITW Denis Jacquet – Créateur d’envies et d’ambition – Et si j’étais Président ?

denis jacquetITW N°4 – 10 questions posées à Denis Jacquet, co-fondateur de l’Observatoire de l’Ubérisation et entrepreneur engagé.

Dans 6 mois, en mai 2017 aura lieu la 11ème élection présidentielle depuis le début de la Vème République. Avec elle son aréopage de nouvelles promesses, de nouveaux choix politiques, de nouvelles lois…
Et si, finalement, plutôt qu’un homme politique, le futur Président de la République était un héraut du digital, un porte drapeau de l’innovation Made in France, un dirigeant reconnu ?

Quels seraient son programme autour du numérique et ses arguments pour convaincre … Quels seraient ses gros chantiers avant de prendre ses quartiers à l’Elysée…

Majda CHAPLAIN, CEO de MC Factory, en partenariat avec Stratégies, lance une nouvelle série d’interviews hebdomadaires « Et si j’étais Président », et invite des acteurs emblématiques férus de digital à se glisser dans la peau de notre futur Chef d’Etat, le temps d’une interview consacrée à leurs priorités digitales …

10 questions posées à Denis Jacquet, co-fondateur de l’Observatoire de l’Ubérisation & Candidat à la présidentielle 2017

Votre programme

1 – Quels seraient les 3 points principaux de votre programme ?

Le 1er point serait de bâtir un pays sur la complémentarité : Pour l’Observatoire de l’ubérisation, nous avons regroupé des personnes que tout opposait et cela fonctionne parfaitement. Nous avons constaté qu’une fois surmonté leurs différences, elles se sont attachées à trouver quel était leur socle commun, ce que nous devons étendre à tous les Français. Chercher ce qui nous rassemble plutôt que ce qui nous divise. Le chercher entre le public et le privé, les grandes entreprises et les PME, les riches et les pauvres… Il faut viser le bonheur individuel pour espérer le bonheur collectif. Mais aussi d’avoir un programme homme/femme presque dictatorial car aujourd’hui on a l’impression que notre société n’a pas confiance en les femmes, donc dans 50% de sa population ! Mais un pays qui a de la défiance pour les femmes en aura pour tous ceux qui sont différents.
Le second point, essentiel, de mon programme serait l’éducation. Il faut une formation qui cesse de déclasser 95% des français qui n’ont pas pu accéder aux écoles élitistes. Faire en sorte que la formation permette à chacun à nouveau, de trouver sa place, viser l’excellence et se préparer aux mutations plutôt que les subir. Il faudra miser sur l’épanouissement individuel y favoriser la créativité, qui sera essentielle dans l’économie digitale.
Enfin, j’allégerais le poids de la loi et de la norme. Et je ferais un code spécifique aux PME car il faut arrêter de soumettre à la même législation les 92% d’entreprises de moins de 20 salariés et les multinationales. Un pays qui veut tout normer n’a pas confiance dans ses citoyens.

2 – Pourquoi faut-il voter pour vous ? Quelle serait votre principale qualité de dirigeant ?

Parce que cela permet de voter de nouveau pour les Français. Voter pour quelqu’un qui vient de la société civile c’est faire confiance aux Français. Aujourd’hui, un entrepreneur a tout à perdre à faire de la politique : il prendra des coups, mettra son entreprise en péril, devrai gérer des combats parfois inutiles… Et c’est justement parce qu’il a tout à perdre que les autres ont tout à gagner. C’est justement cela que l’on attend d’un Président. Avoir la certitude qu’il agit non pour lui, mais pour son pays.
Pour moi, un Président de la République doit être un créateur d’envies et d’ambition. Un rassembleur. Quelqu’un qui est animé d’une passion et d’une ambition bienveillante pour son pays et que l’on a envie de suivre, qui sait rassembler les différences pour en faire une dynamique. Des qualités que je m’efforce d’avoir en tant que chef d’entreprise.

3 – Quel serait votre projet pour booster la transformation digitale des entreprises Françaises ?

L’objectif serait d’avoir 5 champions du monde Français du digital en 5 ans. Or, pour avoir de vrais leaders mondiaux, il faut accepter de perdre de l’argent, de prendre des risques, il faut accepter de mener une politique d’investissement « obsessive ». Il faut orienter la commande publique et celle des grands groupes, vers les PME, en faire une priorité pour que ces PME deviennent des championnes françaises et se forgent ainsi la carrure nécessaire pour partir à la conquête du monde. Là encore, l’idée est d’accompagner de bout en bout les entreprises, surtout à l’international, et de mettre en place une législation qui ne soit plus punitive. Les politiques ne savent que taxer et interdire. C’est la mort assurée du développement digital.

Avant de quitter votre poste actuel

4 – Quels gros chantiers avez-vous à terminer avant de prendre vos quartiers à l’Elysée ?

Mon gros chantier serait bien sûr d’assurer ma succession, mais aussi de faire en sorte que les actions mises en place au sein de Parrainer la Croissance montrent de vrais résultats. Car c’est ce qui fera ma crédibilité. Je souhaite qu’un Président soit jugé sur sa capacité à faire, par la vertu de l’exemple. Nous aurions enfin un Président qui aura prouvé avant son arrivée sa capacité à faire, plutôt qu’à promettre ce qu’il ne comprend pas et n’a jamais fait !

5 – Quelles seraient les principales missions de votre successeur au sein de votre entreprise ?

Qu’il soit capable de prendre efficacement ma place, sans chercher à être identique, et qu’il y ait une alchimie avec mes deux associés !

6 – Etes-vous pour le cumul des mandats en entreprise : Marketing, Communication, Digital, CRM, Mobile, IT, Internet of Things… ?

Ni pour, ni contre. Le principal challenge d’un entrepreneur est de savoir ce pour quoi il est fait et déléguer ce qu’il ne sait pas faire. Pour cela il faut une gouvernance dans les entreprises qui sache dire « stop » au cumul des mandats ou des fonctions, si c’est au détriment de l’entreprise. Voir si le dirigeant est bien à sa place dans ses différents rôles. Parfois le dirigeant est son meilleur ennemi, il doit accepter de prendre du recul et en accepter les conséquences.

Pour intégrer l’Elysée

7 – Que demanderiez-vous au Président sortant, François Hollande, avant qu’il parte ?

Pourquoi un tel gâchis ? Pourquoi tellement de mots et si peu d’actes ? … François Hollande a lancé beaucoup de choses mais n’a finalement rien mené à son terme… Pourquoi un tel renoncement sachant qu’avec une aussi grande impopularité il n’avait en réalité rien à perdre ? Et j’aurai également une seconde question : Où avez-vous garé votre scooter ?

8 – Comment digitaliseriez-vous l’Elysée ?

J’étais chef de file des assises de l’entrepreunariat à la suite du lancement des « Pigeons ». J’avais demandé à Fleur Pellerin de créer une vraie délégation à Las Vegas au CES. C’était une belle vitrine pour le génie français. Il faudrait que l’Etat lui-même devienne digital, qu’il mette en place une vraie e-administration, plus tournée vers le client, avec un accès plus rapide, en temps réel, aux informations, une transparence sur certaines décisions… Ce serait un outil démocratique car tout le monde bénéficierait des mêmes services, mais aussi économique car une vraie digitalisation réduit le coût de l’Etat et augmente son efficacité.

9 – Quel objet personnel ramèneriez-vous avec vous à l’Elysée ?

La chemise brodée avec le surnom de mon papa, décédé en 99… Ce sera beaucoup plus significatif qu’un T-Shirt du PSG !

10 – Et pour conclure ?

Je me dis que si cette interview arrive maintenant, c’est sans doute parce que plein d’acteurs ont envie d’arrêter de se plaindre et d’agir. De faire plutôt que d’attendre tout de l’Etat. Je me dis que si cela peut donner l’envie à d’autres de se retrousser les manches et bien tant mieux.

A Propos de Denis Jacquet

Né en Normandie dans un milieu modeste, Denis Jacquet, Président de l’association Parrainer la croissance, est un autodidacte curieux et volontaire. Doué pour le piano et la batterie, Champion de France d’athlétisme à 17 ans, Denis Jacquet est également un élève studieux, mais dissipé. Après des études à HEC, Maîtrise de Droit des affaires en poche, il entre chez Baker & Mac Kenzie, dirigé à l’époque par Christine Lagarde. « Mauvais salarié, sale gosse peu à l’aise avec les structures établies », Denis Jacquet préfère se lancer, à 27 ans, dans l’entrepreunariat. Après 8 années, sa 3ème entreprise l’entraîne à l’étranger où il découvre la différence des cultures et la richesse immense que procure la diversité. Fort de cette richesse, il crée Parrainer la croissance, association dédiée à la croissance de nos PME et à leur internationalisation, qui compte aujourd’hui 4000 entrepreneurs. En 2016, devant l’arrivée massive du digital, et l’incompréhension des politiques et la résistance dogmatique, il crée l’Observatoire de l’Ubérisation. Le but : « Montrer que la France peut faire du digital une occasion de renaître, retrouver sa place et son ambition. Un vrai programme ! »

Si vous souhaitez exposer votre programme pour une France Digitale 2017, contactez nous ici.

Un grand merci à Ambre Delage pour sa précieuse contribution

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