ITW Pascal Lannoo – Valoriser les talents digitaux pour innover – Et si j’étais Président ?

Pascal LannooITW N°3 – 10 questions posées à Pascal Lannoo, Directeur de l’Expérience Client et de la Vision Digitale de Voyages-Sncf.com.

Dans 6 mois, en mai 2017 aura lieu la 11ème élection présidentielle depuis le début de la Vème République. Avec elle son aréopage de nouvelles promesses, de nouveaux choix politiques, de nouvelles lois…
Et si, finalement, plutôt qu’un homme politique, le futur Président de la République était un héraut du digital, un porte drapeau de l’innovation Made in France, un dirigeant reconnu ?

Quels seraient son programme autour du numérique et ses arguments pour convaincre … Quels seraient ses gros chantiers en tant que CEO/CMO/CDO à terminer avant de prendre ses quartiers à l’Elysée…

Majda CHAPLAIN, CEO de MC Factory, en partenariat avec Stratégies, lance une nouvelle série d’interviews hebdomadaires « Et si j’étais Président », et invite des acteurs emblématiques férus de digital à se glisser dans la peau de notre futur Chef d’Etat, le temps d’une interview consacrée à leurs priorités digitales …

10 questions posées à Pascal Lannoo, Directeur de l’Expérience Client et de la Vision Digitale de Voyages-Sncf.com & Candidat à la présidentielle 2017

Votre programme

1 – Quels seraient les 3 points principaux de votre programme ?

Spontanément : l’éducation, les PME/TPE et l’égalité des chances. Dans mon monde idéal, la société favoriserait l’éducation et la formation tout au long de la vie. Elle serait basée sur le fait de construire, d’innover sur des contraintes pour nous permettre de devenir plus pragmatiques et moins fatalistes.
Enfin j’aimerais que nos entreprises apprennent à mieux se vendre. Nous avons en France de vrais talents digitaux, mais avons bien du mal à transmettre nos qualités lorsque nous partons à la conquête de l’étranger. Je pense qu’il faudrait permettre aux TPE/PME de gagner en agilité, de mieux s’imposer face aux grands groupes. Pour cela, il faudrait par exemple revoir leur imposition ou encore légiférer sur des circuits courts ou des quotas.
Enfin l’égalité des chances consisterait en 3 mots : mixité, diversité et péréquation digitale. L’idée serait d’avoir un Parlement, un Sénat, un Gouvernement dotés d’une vraie mixité et d’une vraie diversité, à l’image de la France d’aujourd’hui. Quant à la fracture digitale, je pense aux non-initiés, ou à ceux qui n’ont pas d’accès numérique (11% de la population) et qui devront bien, pourtant, composer avec un monde qui va irrémédiablement vers le tout digital. Il faudrait donc les accompagner, via des centres du digital pour tous ou bien des digitaux itinérants comme les Bibliobus par exemple.

2 – Pourquoi faut-il voter pour vous ? Quelle serait votre principale qualité de dirigeant ?

Parce que je ne suis pas politique, je mens mal et je connais le prix d’un pain au chocolat ! Plus sérieusement mes qualités de dirigeant sont la créativité, la capacité d’être encore surpris et la responsabilisation. Et puis j’ai un vrai enthousiasme à relever les défis et à y croire, même dans les moments difficiles. Je pense que cela peut être un atout.

3 – Comment, en tant que Président, accompagneriez-vous les entreprises et la France dans ce virage digital, et favoriseriez-vous l’innovation ?

Je vais sans doute être un peu provoc’ mais je pense que je mettrais tous les Codir de France sous la tutelle d’un jeune de 25 ans qui apporterait sa fraîcheur et sa candeur et pousserait les entreprises à réagir et à vraiment prendre le virage du digital.

4 – Quel serait votre engagement vis à vis de cette jeune génération qui, dans les 10 ans, se retrouvera sur le marché du travail ?

Je pense que c’est plutôt à cette jeune génération de prendre des engagements vis à vis de nous car notre destin est entre ses mains. Tout ce que je vous ai exposé sur la mixité, l’égalité des chances, c’est cette jeune génération qui en est la pierre angulaire. C’est une génération prometteuse, qui est dans le collaboratif et le collectif et qui va porter haut ces valeurs.

Avant de quitter votre poste actuel

5 – Quels gros chantiers avez-vous à terminer avant de prendre vos quartiers à l’Elysée ?

Je voudrais d’abord booster le volet conversationnel grâce à l’intelligence artificielle car je suis convaincu de son potentiel. La conversation est la base du commerce depuis des siècles et cela me fascine de voir que l’avenir du commerce trouve son essence dans cette notion. Mon autre gros chantier serait de ranger mon bureau car le rangement n’est pas mon fort!

6 – Quelles seraient les principales missions de votre successeur au sein de votre entreprise ?

Il devrait aller encore plus loin dans l’hyper simplification et l’hyper personnalisation du voyage en mettant en place, par exemple, un smart agent. Il devrait également travailler au développement de la mobilité immersive : se déplacer tout en se sentant chez soi.

7 – Etes-vous pour le cumul des mandats en entreprise : Marketing, Communication, Digital, CRM, Mobile, IT, Internet of Things… ?

Je trouve que dans une entreprise, le temps de la transformation digitale, cela a du sens car cela permet de faire vraiment bouger les lignes et instaurer la convergence. Mais une fois que les choses sont bien calées, le cumul des mandats ne sera plus nécessaire… D’ailleurs, le succès d’un CDO commence lorsque son poste devient inutile.

Pour intégrer l’Elysée

8 – Que demanderiez-vous au Président sortant, François Hollande, avant qu’il parte ?

Le code du Wi-Fi !

9 – Comment digitaliseriez-vous l’Elysée ?

J’essayerais d’intégrer du collaboratif via les outils digitaux, ainsi qu’une politique zéro papier. Je veillerais également à me rendre inaccessible pour obliger mes ministres à changer leurs modes de communication et à se digitaliser. Enfin j’utiliserais le Big Data afin de prédire chacune des postures de l’opposition et d’avoir toujours un coup d’avance ! J’ajouterais aux mots Liberté, Egalité et Fraternité, le mot Créativité…

10 – Quel objet personnel ramèneriez-vous avec vous à l’Elysée ?

Une photo de famille en papier jauni, un peu abimée. Un souvenir de mon enfance pour me rappeler que le non digital est également indispensable et que la vie n’est pas faite que de pixels.

A Propos de Pascal Lannoo

Pascal Lannoo, 47 ans, est tombé dans la marmite du digital en 1999, chez DealPartners, après un Master II en E-commerce, des études de sciences économiques en Allemagne, et des études d’Arts appliqués à Paris en passant par la Business School de l’université de Columbia à New-York. Une première expérience professionnelle en forme de révélation l’amène ensuite à effectuer du conseil « sur des cadrages stratégiques et des problèmes d’acquisition notamment ». Dans le cadre de ses fonctions, Pascal Lannoo croise le chemin de Voyages-sncf.com. Rapidement, l’entité digitale de la compagnie ferroviaire lui propose de prendre la direction du business mobile puis, désormais, de l’expérience digitale.

Un grand merci à Ambre Delage pour sa précieuse contribution
Photo Pascal Lannoo – Copyright Antoine Doyen

Partager