ITW Thierry Marx – L’humain au cœur de la France digitale – Et si j’étais Président ?

Le Chef Thierry MarxITW N°7 – 10 questions posées à Thierry Marx, Grand Chef Étoilé.

Dans 5 mois, en mai 2017 aura lieu la 11ème élection présidentielle depuis le début de la Vème République. Avec elle son aréopage de nouvelles promesses, de nouveaux choix politiques, de nouvelles lois…
Et si, finalement, plutôt qu’un homme politique, le futur Président de la République était un héraut du digital, un porte drapeau de l’innovation Made in France, un dirigeant reconnu ?

Quels seraient son programme et ses arguments pour convaincre … Quels seraient ses gros chantiers à terminer avant de prendre ses quartiers à l’Elysée…

Majda CHAPLAIN, CEO de MC Factory, en partenariat avec Stratégies, lance une nouvelle série d’interviews hebdomadaires « Et si j’étais Président », et invite des acteurs emblématiques férus de digital à se glisser dans la peau de notre futur Chef d’Etat, le temps d’une interview consacrée à leurs priorités digitales …

10 questions posées à Thierry Marx, Grand Chef Etoilé et Chef du Sur-Mesure by Thierry Marx, au Mandarin Oriental Paris & Candidat à la présidentielle 2017.

Votre programme

1 – Quels seraient les 3 points principaux de votre programme ?

Il s’agirait d’abord de définir un vrai projet : où la France se voit-elle en 2030 ? Quelles étapes doivent être franchies y arriver ? Avoir des étapes fixées à 5 ans, c’est beaucoup trop tôt…il faut faire un forecast plus audacieux !
Ensuite j’axerais ma campagne sur la formation professionnelle. L’outil numérique nous permet de former autrement, d’utiliser ce cerveau supplémentaire qui se trouve dans notre poche arrière et qui implique plus de rapidité, plus d’adaptabilité. Et puis la jeune génération ne veut pas avoir un rapport sacrificiel au travail. Elle veut de l’émotion dans le travail, elle veut un projet, pas simplement un emploi. L’entreprise doit donc mener un processus de séduction et être plus transparente dans la pratique des métiers. Cette séduction pourrait passer, par exemple, par un autre type de CFA qui permettrait de se renouveler dans une envie de job, qui pourrait vous accompagner toute votre vie pour butiner le monde du travail. Mais il y a encore aujourd’hui trop de clivages entre l’éducation nationale et le monde de l’entreprise.
Enfin, je redéfinirais le cadre républicain. « Liberté, Egalité et Fraternité » est-ce toujours le bon cadre ? Beaucoup aujourd’hui se demandent ce que c’est qu’être Français. Or, on complexifie tellement le débat que plus personne n’y comprend rien. Pour moi un Président doit être capable de nous recentrer sur ce cadre là, de mettre toutes les forces vives de son pays dans le vivre ensemble.

2 – Quel serait votre projet pour booster la transformation digitale des entreprises Françaises ?

Là aussi, il s’agirait de se projeter à 2020/2030 et d’intégrer dès maintenant des gens qui seront en capacité de suivre cette transformation et ce mouvement. Car la digitalisation de l’entreprise et de la société ne doit pas faire oublier que l’humain doit rester au centre pour donner du sens à l’outil digital.

3 – Pourquoi faut-il voter pour vous ? Quelle serait votre principale qualité de dirigeant ?

On me reconnaît deux qualités : l’engagement et la loyauté. Je crois également au cerveau collectif car les chantiers qui doivent être mis en place à l’échelle d’un pays ne peuvent pas être la voie d’un seul homme. L’homme charismatique qui résout tout par miracle, cela n’existe pas !
Et puis je ne serais pas le Président de la petite phrase et du mot valise. La politique doit sortir de l’image marketing. Il vaut mieux être discret et efficace pour vraiment poser la fonction, car ce n’est pas parce qu’on est élu que l’on est choisi !

4 – Quelle personnalité choisiriez-vous pour être votre Premier Ministre ?

Mercedes Erra, présidente d’Havas Worldwide et fondatrice de BETC, car elle a une vision de chef d’entreprise, une vision planétaire de la société et c’est une grande communicante.

Avant de quitter votre poste actuel

5 – Quels gros chantiers avez-vous à terminer avant de prendre vos quartiers à l’Elysée ?

Ce serait de continuer à mettre en place tous les cursus de formation professionnelle dans l’entreprise. Nous avons commencé cela il y a 5 ans et nous proposons des formations en interne pour le numérique, l’anglais, etc.

6 – Quelles seraient les principales missions de votre successeur au sein de votre entreprise ?

De continuer à entretenir l’esprit d’équipe car sans équipe, il n’y a rien et il ne faut jamais l’oublier. Je voudrais un successeur qui soit capable de gagner dans la diversité et dans le travail d’équipe.

7 – Etes-vous pour le cumul des mandats en entreprise : Marketing, Communication, Digital… ?

Quand on fait de la politique ou que l’on a un statut important dans une entreprise, on est là pour servir, pas pour se servir. Si le cumul sert l’intérêt général, alors oui, je suis pour. S’il lui nuit, je suis contre.

Pour intégrer l’Elysée

8 – Que demanderiez-vous au Président sortant, François Hollande, avant qu’il parte ?

Je lui demanderais de créer un board d’anciens présidents afin qu’ils fassent l’analyse causale de ce qui n’a pas fonctionné durant leurs différents mandats. Cela permettrait au nouvel arrivant de s’appuyer sur des faits pour avancer dans l’intérêt général.

9 – Comment digitaliseriez-vous l’Elysée ?

Je mettrais en place une sorte de grand chantier Trans-générationnel pour savoir où l’on veut se situer en matière de digital dans les trois ans. Le digital modifie tout : les métiers, les modes de consommation, le travail et il implique de se remettre en question en permanence. Le digital a, par exemple, révolutionné mon métier. Le Gault & Millau et le Michelin, c’est une fois par an, alors que sur Trip Advisor vous êtes jugés tous les jours.

10 – Quel objet personnel ramèneriez-vous avec vous à l’Elysée ?

Mon bol en bois et mes baguettes ! Cela correspond à ma façon de vivre, à ma façon d’aimer la discrétion, l’efficacité. Ce sont des éléments qui me ramènent à l’essentiel, or on a tendance à beaucoup complexifier les choses. L’idée serait vraiment de se recentrer.

A propos de Thierry Marx

Empereur de la gastronomie moléculaire, Thierry Marx, 57 ans, a fait ses armes chez Ledoyen, ou Taillevent avant d’être promu chef cuisinier au Regency Hôtel de Sydney. En 1988, il obtient sa première étoile au Roc en Val de Tours. Féru de voyages et d’horizons, sa cuisine s’inspire des saveurs orientales. Thierry Marx est également le fondateur du Foodlab et très engagé dans la formation des jeunes et la réinsertion. Depuis avril 2010, il est le Chef du Sur-Mesure by Thierry Marx, au Mandarin Oriental Paris, décoré de 2 étoiles au guide Michelin et 4 toques au Gault & Millau. Il est fait, en Avril 2012, Chevalier des Arts et des Lettres et Chevalier de la Légion d’honneur en 2013.

Un grand merci à Ambre Delage pour sa précieuse contribution
Photo Thierry Marx – Copyright Roberto Frankenberg

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